Alimentation et climat : il faut agir vite

Alimentation et climat : il faut agir vite

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec) a présenté cette semaine à Genève son dernier rapport intitulé « Le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres ». Son message principal ? Il faut agir vite si nous ne voulons pas avoir à choisir entre nourrir correctement les milliards de terriens et lutter contre le réchauffement climatique.

Un quart des terres ont été dégradées par l’homme et le changement climatique n’améliore pas cette situation. « La pression humaine sur les terres grandit, les terres font partie de la solution mais ne peuvent pas tout », a indiqué Debra Roberts, co-présidente du Giec. Un tiers de nos émissions de gaz à effet de serre est par ailleurs généré par le système alimentaire.

Le réchauffement des terres atteint déjà 1,53°C. S’il atteint les 2°C, « nous pourrions nous retrouver avec des crises alimentaires d’origine climatique plus sévères et plus nombreuses », a précisé Jean-François Soussana, l’un des auteurs du rapport.

Moins de gaspillage, moins de viande

Des modifications dans les habitudes alimentaires doivent être opérées. D’une part, il est urgent de diminuer drastiquement le gaspillage alimentaire qui concerne 25 à 30% de la production totale, alors qu’environ 820 millions de personnes manquent de nourriture.

Un paradoxe similaire concerne la consommation de viande. Dans les régions pauvres, l’apport en protéines animales peut être insuffisant alors que dans certains pays riches, il dépasse les recommandations nutritionnelles.
Il faut rapidement prendre des mesures radicales pour se préparer à nourrir une population mondiale estimée à 11 milliards de personnes à la fin du siècle.

Marie-Astrid Heyde

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Publié le vendredi 9 août 2019
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