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Quelques idées de lecture pour aller « eau-delà » du dossier
La thématique de l’eau et ses nombreuses problématiques vous intéressent ? Voici quelques références pour approfondir vos connaissances.
« Rendre l’eau à la Terre, Alliances dans les rivières face au chaos climatique » de Baptiste Morizot avec les superbes illustrations de Suzanne Husky - aux éditions Acte Sud
Résumé de l’éditeur : Sur la planète Terre, une rivière vivante s’entoure de milieux humides qui protègent la vie. Pourtant, nous lui avons pris ces milieux pour déployer nos villes et nos agricultures industrielles. Corsetées, drainées, bétonnées, les rivières ne peuvent plus nous préserver d’un climat déréglé. Face au péril, il est temps de rendre l’eau à la terre, pour abreuver les déserts que l’extractivisme nous laisse en héritage.
Comment ramener l’eau à la vie ? En enquêtant sur le temps profond des rivières. On découvre qu’elles ont coévolué avec une forme de vie qui travaille depuis des millions d’années à hydrater les milieux : c’est le castor. Il ralentit l’eau, l’infiltre dans les sols, la purifie et la donne en partage à tous les vivants. Il façonne ainsi des oasis de vie qui peuvent nous aider à traverser les sécheresses, les feux et les crues. Son action amplifie la vie. Traqué pendant des siècles comme un nuisible, peut-il devenir aujourd’hui un allié ? Le castor peut-il nous inspirer une philosophie de l’action enfin libérée du culte du pétrole, du machinisme et du contrôle ? Saurons-nous apprendre d’un autre animal comment guérir les rivières ?
L’enjeu est de changer de paradigme, vers une pensée de l’eau vivante capable de désaltérer un monde assoiffé. En ces temps bouleversés, il est temps de passer des alliances avec des puissances non humaines. D’explorer la possibilité de participer, en humains, à l’autoguérison du monde. Et d’apprendre, nous aussi, à amplifier la vie.
« 20000 ans ou la grande histoire de la nature » de Stéphane Durand - aux éditions Acte Sud
Résumé de l’éditeur : Des armées de saumons à Strasbourg, des bancs de marsouins et d’esturgeons à Paris, des phoques par centaines sur les plages de Deauville et de Saint-Tropez, des troupeaux de baleines à Arcachon, des hardes d’aurochs à Clermont-Ferrand, des chamois et des bouquetins aux portes de Marseille, des récifs de posidonies et des ripisylves aux allures tropicales… La France nous accorde depuis 20 000 ans des spectacles naturels prodigieux que l’on a malheureusement détruits puis oubliés. C’est le syndrome de l’amnésie écologique : on n’imagine pas que la France fut d’une incroyable richesse naturelle et que cette surabondance fut longtemps la norme. Au contraire, c’est la rareté actuelle qui est exceptionnelle…
Cet ouvrage invite les lecteurs à une étonnante plongée dans le temps à la découverte d’une nature inattendue. Écrit dans une langue alerte et légère, le livre fourmille d’anecdotes étonnantes sur la biologie et l’écologie de ces espèces ainsi que sur les hommes qui en ont été les témoins. De l’âge de glace à nos jours, ce grand voyage à travers le pays témoigne du potentiel de la France sauvage.
« Accumuler du béton, tracer des routes » de Nelo Magalhães - aux éditions La Fabrique Une histoire environnementale des grandes infrastructures
Résumé de l’éditeur : Dans les décennies d’après-guerre, des milliers de kilomètres de routes et d’autoroutes sortent de terre pour soutenir l’intensification du trafic et relier, à travers les paysages agricoles remembrés, les métropoles aux zones industrielles, ports, aéroports, centrales électriques et complexes touristiques. C’est le début d’une « Grande accélération » qui bouleverse la production de l’espace. Sur les chantiers, le béton coule à flots tandis que le bruit des machines (qui ne font pas grève) a remplacé le tumulte des terrassiers. La chimie et l’industrialisation des techniques affranchissent la construction des contraintes du relief, du climat et de la géologie : « abstraire le sol » pour faire passer la route – et supporter le poids des camions – devient un leitmotiv de « l’aménagement du territoire » qui nécessite l’extraction et le déplacement continus de milliards de mètres cubes de terres, sable et granulat.
Si les dégâts se font rapidement sentir dans le lit des rivières, les abords des carrières et dans l’atmosphère – sans parler de la mortalité sur les routes –, la frénésie du bitume n’a jamais faibli : il faut sans cesse réparer, épaissir, étendre cette infrastructure dévoreuse d’hectares et d’argent public. Ce livre offre une remarquable vue en coupe de cet engrenage technique, économique et politique. Alors que les luttes se multiplient contre le modèle routier et l’industrie cimentière, il identifie quelques verrous qui rendent le bâti si pesant. Un préalable pour penser des perspectives plus légères.
« Théorie et pratique des rivières » de Jim Harrison - aux éditions Domaine Étranger
Résumé de l’éditeur : Confession symbolique des tourments de l’auteur qui ne trouve réconfort qu’au contact de la nature et des rivières, on retrouve ici les thèmes fétiches de Jim Harrison : les animaux, la bonne chère, mais aussi l’amour et l’enfance. La puissance habituelle de Jim Harrison alterne au gré des pages avec une subtilité différente, une prose poétique, musicale, presque romantique.Les familiers de l’auteur découvriront une nouvelle facette de ce grand écrivain qui est aussi un personnage hors du commun.
« Nous ne sommes pas seuls. Politique des soulèvements terrestres » de Antoine Chopot et Léna Balaud - aux éditions du SEUIL
Résumé de l’éditeur : Que devient la « politique » lorsque des paysannes et des écologistes disséminent des graines de plantes résistantes aux herbicides dans les monocultures d’OGM pour en saboter les rendements ? Lorsque des naturalistes en lutte invitent un couple de balbuzards pêcheurs à protéger un fleuve menacé par un énième projet inutile et imposé ? Lorsque des villageois kirghizes échappent à la mainmise de l’État sur leurs moyens de subsistance en greffant en secret une forêt fruitière ?
D’autres manières de faire, de se défendre, de résister, nous devancent, nous déstabilisent et nous renforcent : des manières animales, végétales, sylvestres, microbiennes, fongiques... Nos alliés sont multiformes, considérablement plus nombreux et divers que ce que notre imagination laisse entrevoir.
Si nous sommes bien les seuls responsables d’un choix concerté de cibles et de stratégies contre les causes du ravage et des inégalités, nous ne sommes pas les uniques acteurs du changement que nous souhaitons voir advenir. Appel à refuser la mise au travail de la planète, ce traité d’écologie politique terrestre ouvre de nouveaux horizons pour agir avec la nature contre ceux qui l’effondrent.
« Artefacts naturels - nature, réparation, responsabilité » de Marion Waller - aux éditions de l’Eclat
Résumé de l’éditeur : La conseillère en urbanisme étudie, dans une philosophie de l’environnement, les possibilités de restaurer la nature comme cela s’effectue avec les monuments. Dès lors, par les reconstitutions naturelles visibles dans les villes, elle s’interroge sur la valeur de l’artefact naturel.
Photos des éditeurs
Extrait du dossier du mois « Eau-delà »